… en un peu plus de 24h, on est passé du fond de la vallée de la mort qui est dans les négatifs, à un col pas loin de Mont Whitney à plus de 4100 mètres ! D’un des points les plus chauds des States, à l’un des plus froids !
Mardi donc, à 5h du matin, nous voilà à 2500 mètres d’altitude, au début du trail qui mène au sommet du Mont Whitney (4421 mètres). Équipés pour le froid et la rando de nuit, avec collants, polaires, gants, bonnets, et frontales : on savait qu’on allait avoir froid et qu’il y aurait de la neige. D’après les rangers on devait même rencontrer de la glace sur les lacets à partir de 3700m, ce qui nous poserait problème vu qu’on avait pas de crampons. Il se trouve qu’on a trouvé notre chemin enneigé dés 3000m, et verglacé dés 3300m par endroits… Pas cool.
Il se trouve aussi que la nuit d’avant il avait neigé environ 5 cm : c’est grâce à ça qu’on a pu avancer. La neige recouvrant la glace dans la plupart des endroits, on pouvait avoir des appuis solides lorsqu’on traversait les flans de montagne recouverts de neiges. Et même les lacets passé 3700m étaient faisables sans crampons ce jour là, donc on a poussé plus loin que ce que l’on prévoyait initialement. On pensait même pouvoir aller jusqu’au sommet, le trail étant moins difficile au delà de 4000. Espérance de courte durée, car arrivés au col (Trail Crest) à 4145 mètres, et en prenant notre pause bien méritée, on a commencé à ressentir très fortement le fameux mal des montagnes : mal de crâne, estomac retourné, vertiges… Bref, ça fait pas plaisir.
Beaucoup de randonneurs allant à ces altitudes prennent d’abord une période d’acclimatation, en passant par exemple une nuit à 3000 pour que le corps s’habitue au manque d’oxygène. Ça on l’a pas fait. Certaines personnes arrivent sans problème à aller la haut sans s’acclimater ; n’ayant jamais eu ce problème je le pensais aussi ; mais il faut croire que la nature a eu raison de nous cette fois. La sage décision à prendre alors c’est de redescendre, et effectivement quelques centaines de mètres plus bas ça allait déjà beaucoup mieux.
On aurait pensé que la descente aurait été beaucoup plus dure et dangereuse que la montée, mais grâce au Soleil qui entre temps avait pointé son nez, la surface du manteau neigeux avait commencé à légèrement se ramollir, et la glace à fondre : résultat la descente était bien plus facile à gérer, heureusement pour nous. Sur le trajet du retour, on a redécouvert le parcours du matin qu’on avait fait de nuit, avec ses lacs et ses belles couleurs d’automne. Bilan des courses : 27 km aller-retour, 1650 mètres de dénivelé positif, 13h dans la nature, 6 personnes au total en plus de nous sur le trail, et de la neige en veux-tu en voilà !
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